‹ Morceaux choisisChapitre 210 sur 369 · L. I et III des Lois ». (M · texte numérisé non relu

L. I et III des Lois ». (M

8. (( Elles s’appelaient lois tabulaires. On donnait à chaque citoyen deux tables : la première, marquée d’un A, pour dire antiquo (je rejette) ; l’autre d’un Y et d’un R, uti rogas (comme tu proposes = je suis de cet avis). » (M.).

9. Eh ! non ! 11 faudrait que tous les électeurs fussent des héros ! Sans doute, une fois le vote rendu secret, les intrigants purent à Rome acheter beaucoup de suffrages ; mais la corruption électorale avait toujours sévi à Rome, et on ne se gênait pas pour trafiquer ouvertement des votes, avant cette mesure. Il faut distinguer : pour l’électeur, plus le vote est secret; plus cela est démocratique ,

Eour l’élu, membre d’une assemlée, plus son vote est public, plus cela est démocratique.

Montesquieu dit en note : « A

MONTESQUIEU

pie soit éclairé par les principaux, et contenu par la gravité de certains personnages. Ainsi, dans la république romaine, en rendant les suffrages secrets, on détruisit tout : il ne fut plus possible d’éclairer une populace qui se perdait. Mais lorsque, dans une aristocratie, le corps des nobles donne les suffrages \ ou dans une démocratie le sénat comme il n’est là question que de prévenir les brigues, les suffrages ne sauraient être trop secrets.

La brigue est dangereuse dans un sénat ; elle est dangereuse dans un corps de nobles : elle ne l’est pas dans le peuple, dont la nature est d’agir par passion 3. Dans les États où il n’a point de part au gouvernement, il s’échauffera pour un acteur comme il aurait fait pour les affaires. Le malheur d’une république, c’est lorsqu’il n’y a plus de brigues^ ; et cela arrive lorsqu’on a corrompu le peuple à prix d’argent : il devient de sang-froid, il s’affectionne à l’argent ; mais il ne s’affectionne plus aux affaires : sans souci du gouvernement et de ce qu’on y propose, il attend tranquillement son salaire ^

C’est encore une loi fondamentale de la démocratie que le peuple seul fasse des lois 6, Il y a pourtant mille occasions où il est nécessaire que le sénat puisse statuer ; il est même souvent à propos d’essayer une loi avant de l’établir. La constitution de Rome et celle d’Athènes étaient très sages. Les arrêts du sénat avaient force de loi pendant un an^ : ils ne devenaient perpétuels que par la volonté du peuple.

Athènes, on levait les mains ».

— Cette publicité ne détruisaitelle pas au contraire toute indépendance ? Montesquieu suit de trop prés l’opiuion de Cicéron.

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