Chapitre Premier
Différence de la nature du gouvernement et de son principe L
• Après avoir examiné quelles sont les lois relatives à la nature de chaque gouvernement, il faut voir celles qui le sont à son principe.
Athènes, si le Conseil des Cinq- Cents contrôle tous les actes de l’assemblée, si une proposition ne peut être soumise au peuple que sous la forme d’un avis préalable dont le texte est arrêté par le Conseil, en fait rassemblée échappe plus tard à ce contrôle. Le texte de Denys ne prouve pas que le peuple ne fût pas souverain. Il est juste d’ajouter que J malgré l’absence de droits définis, le sénat Romain et par sa compétence et par la tradition garde le privilège de Vauctoritas et un droit
de surveillance et dé tutelle, presque sans bornes.
1. Quoi qu’en dise Helvétius qui aurait voulu donner pour titre à ce livre : « Conséquences de la nature des trois gouvernements », la distinction entre la nature et le principe du gouvernement est heureuse, et apporte une réelle clarté en ces matières. « Cette différence est bien importante, déclare Montesquieu en note, et j’en tirerai bien des conséquences :
elle est la clé d’une infinité de lois ».
MONTESQUIEU
Il y a cette différence entre la nature du gouvernement et son principe, que sa nature est ce qui le fait être tel ; et son principe, ce qui le fait agir. L’une est sa structure particulière, et l’autre les passions humaines qui le font mouvoir.
Or, les lois ne doivent pas être moins relatives au principe de chaque gouvernement qu’à sa nature. 11 faut donc chercher quel est ce principe. C’est ce que je vais faire dans ce livre-ci.