‹ Morceaux choisisChapitre 249 sur 369 · Chapitre XIV · texte numérisé non relu

Chapitre XIV

Alexandre.

Il ne partit^ qu’après avoir assuré la Macédoine contre les peuples barbares qui en étaient voisins, et achevé d’accabler les Grecs^; il ne se servit de cet accablement que pour l’exécution de son entreprise ; il rendit impuissante la jalousie des Lacédémoniens'^ ; il attaqua les provinces maritimes ; il fit suivre à son armée de terre les côtes de la mer, pour n^être point séparé de sa flotte ; il se servit admirablement bien de la discipline contre le nombre ; il ne manqua point de subsistances : et, s’il est vrai que la victoire lui donna tout, il fit aussi tout pour se procurer la victoire.

Dans le commencement de son entreprise, c’est-à-dire dans un temps où un échec pouvait le renverser, il mit peu de chose au hasard : quand la fortune le mit au-dessus des événements, la témérité fut quelquefois un de ses moyens. Lorsque avant son départ il marche contre les Triballiens et les Illyriens, vous voyez une guerre^ comme celle que César fit depuis dans les Gaules. Lorsqu’il est de retour

1. Ainsi à la bataille du Granique, il s’élance dans le fleuve impétueusement et s’expose à la mort; sans Glitus, il était

erdu ; mais sans cet acte de

ravoure, les Macédoniens ne se seraient pas précipités dans le fleuve, pour gravir la rive opposée, escarpée, difficile à escalader, et où l’immense armée ennemie attendait.

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