‹ Morceaux choisisChapitre 257 sur 369 · Ibid. » (M · texte numérisé non relu

Ibid. » (M

4. L’antithèse est très nette, mais elle force l’idée. Pourtant, les Romains ont semé bien des ruines en Afrique, en Grèce; mais ils ne détruisaient pas tout indistinctement, et ils furent de merveilleux organisateurs.

DE l’esprit des LOIS

son économie parliculière^ ; les troisièmes, dans son immense prodigalité pour les grandes choses. Sa main se fermait pour les dépenses privées ; elle s’ouvrait pour les dépenses publiques. Fallait-il régler sa maison, e’était un Macédonien ; fallait-il payer les dettes des soldats, faire part de sa conquête aux Grecs, faire la fortune de chaque homme de son armée, il était Alexandre.

Il üt deux mauvaises actions : il brûla Persépolis et tua Glitus^. 11 les rendit célèbres par son repentir : de sorte qu’on oublia ses actions criminelles, pour se souvenir de son respect pour la vertu ; de sorte qu’elles furent considérées plutôt comme des malheurs que comme des choses qui lui fussent propres ; de sorte que la postérité trouve la beauté de son âme presque à eôté de ses emportements et de ses faiblesses ; de sorte qu’il fallut le plaindre, et qu’il n’était plus possible de le haïr^.

Je vais le comparer à César. Quand César voulut imiter les rois d’Asie, il désespéra les Romains pour une chose de pure ostentation^ ; quand Alexandre voulut imiter les rois d’Asie, il üt une chose qui entrait dans le plan de sa conquête.

1. (( Voyez Arrien, I)e l’Expédition d’Alexandre, L. VII. » (M.).

— Economie particulière — économie domestique, privée = administration de sa maison.

2. Et bien d’autres I Ce grand civilisateur s’enivrait honteusement ; il était ivre lorsqu’il mit le feu au palais des rois à Persépolis ; toutefois la destruction des monuments, si regrettable pour l’histoire de la civilisation, n’eut lieu que plus tard. Persépolis n’était pas consumée puisqu’Alexandre s’y arrêta au retour des Indes. Il était ivre lorsqu’il planta sa javeline dans le corps de son ami intime Clitus, écœuré des vantardises et des insolences du roi. On â vu ce qu’il üt à Parmenion {p. 258, n. 4), et pour Callisthène, on se reportera p. 321, n 2.

• On conçoit d’ailleurs que ses gDnquêtes Paient rendu vaniteux à l’excès, et que cet homme qui voulait être adoré comme un dieu lut hors de lui quand le vin Pexcitait encore davantage.

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