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Chapitre IV

Ce que c’est que l’esprit général.

Plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement, les exemples des choses passées, les mœurs, les manières ; d’où il se forme un esprit général qui en résulte.

A mesure que, dans chaque nation, une de ces causes agit avec plus de force, les autres lui cèdent d’autant. La nature et le climat dominent presque seuls sur les sauvages ; les manières gouvernent les Chinois ; les lois tyrannisent le Japon ; les mœurs donnaient autrefois le ton dans Lacédémone ; les maximes du gouvernement et les mœurs anciennes le donnaient dans Rome.

[Cet esprit général, le législateur, loin de le changer, doit le suivre (« car nous ne faisons rien de mieux que ce que nous faisons librement »■), à la condition qu’il ne soit pas contraire aux principes du gouvernement établi ; l’exemple de la nation française, qui n’est pas nommée ici, celui des Athéniens et des Lacédémoniens prouve qu’il faut être attentif à ne pas changer les moeurs et les manières d’un peuple. (Chap. V, VI, VII.)

La sociabilité, la vanité (différente de l’orgueil) sont d’excellents resressorts. (Chap. VII, VIII.)

Dans les nations dont les caractères sont mêlés de vices et de vertus, on peut tirer de ce mélange, au point de vue purement politique, ou de grands biens ou de grands maux. (Chap. x, xi.)

belle campagne du cardinal Lavigerie pour la suppression de l’esclavage dans les pays musulmans, où ce hideux vestige du passé persiste encore.

* L’ironie de Montesquieu, d’a-

près l’« Ordonnance en faveur des courtisans » (Lettres Persanes^ GXXIV, p. 84 de notre édition) et le chapitre: «De l’Esclavage des nègres » (Esprit des Lois* L. XV, chap. V.)

DE l’esprit des LOIS

Tous les vices moraux n’étant pas des vices politiques, c’est une raison de plus pour respecter 1’ « esprit général » d’une nation.

Cette nécessité est absolue dans le despotisme : la Chine est là pour le montrer. (Chap. xii, xiii.)

Pour les pays où des changements dans les mœurs et lès manières sont possibles et même désirables, c’est à d’autres mœurs et à d’autres manières, .et non à des lois qu’il faut recourir ; la Moscovie n’aurait pas eu besoin de lois violentes pour réformer ses mœurs, les exemples auraient suffi. (Chap. xiv, xv.)

Les législations qui ont confondu les lois- et les mœurs, celles de Sparte et de la Chine, n’ont pu agir ainsi que parce que ces choses se confondaient chez ces peuples :-à ce propos, Montesquieu étudie de plus près le gouvernement chinois, suit les conséquences pour ce peuple de la confusion entre la loi, la religion, les mœurs et les manières, explique comment elle est née du culte des ancêtres, ce qui n’empêche pas d’ailleurs le Chinois d’être fourbe entre tous. (Chap. xv-xx.)

Mais ce sont là des constitutions « singulières ».

Pourtant, si les lois d’une part, les mœurs et les manières de l’autre sont distinctes, elles ont entre elles de grands rapports ; qu’un peuple ait de bonnes mœurs, ses lois sont simples; les lois suivent les mœurs, nous le voyons par l’histoire des lois romaines, lois sur le péculat, lois domestiques. (Chap. xxi-xxvi.)

« Nous avons vu comment les lois suivent les mœurs ; voyons à présent comment» les mœurs suivent les lois. » Car la réciproque est vraie, et, pour le démontrer, Montesquieu va tracer un célèbre portrait du peuple d’Angleterre, dans ce chapitre qui est l’un des plus souvent cités de l’Esprit des Lois,]

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