THE LIBRARY
Of THE
C':i’'2ntiTY CF 1LU331S
•' .Ti
DE l’esprit des LOIS
arpents de fonds pour vivre, et qui les partage à ses enfants
Dans les pays de commerce, où beaucoup de gens n’ont que leur art, TÉtat est souvent obligé de pourvoir aux besoins des vieillards, des malades et des orphelins/ Un État bien policé tire cette subsistance du fonds des arts mêmes ; il donne aux uns les travaux dont ils sont capables ; il enseigne les autres à travailler, ce qui fait déjà un travail.
Quelques aumônes que l’on fait à un homme nu dans les rues ne remplissent point les obligations de l’État^, qui doit à tous les citoyens une subsistance assurée, la nourriture, un vêtement convenable, et un genre de vie qui ne soit point contraire à la santé
Aureng-Zeb, à qui on demandait pourquoi il ne bâtissait point d’hôpitaux, dit : « Je rendrai mon empire si riche qu’il n’aura pas besoin d’hôpitaux. » 11 aurait fallu dire : « Je commencerai par rendre mon empire riche, et je bâtirai des hôpitaux^ »
Les richesses d’un État supposent beaucoup d’industrie.
1. On retrouve un écho de ce passage dans ces paroles de La Piochèfoucauld-Liancourt, président du « Comité de Mendicité » de la Constituante :
c( Donner du travail à tous ceux qui peuvent travailler, voilà ce que doit la société. Le travail est la seule assistance qu’un -gouvernemfnt sage peut donner à l’homme valide ; le pauvre n'est que Vouvrier sans propriété qui n’a vas de travail. Tel est le sens donné à cet axiome politique que tout homme a droit à sa subsistance, et à cette vérité incontestable que la mendicité n’est un délit que pour celui qui la préfère au travail. »
2. Lire dans Anatole France les réflexions de M. Bergeret lors-
u’au premier de l’an, le men-
iantClopinel l’«a induit en aumône. » (M. Bergeret à Paris, chap. XVll.)
3. Les économistes sont aujourd’hui d’accord pour aflirmer que l’assistance par le travail, lorsqu’elle est assurée uniquement par l’Ftat, ne peut donner de résultats satisfaisants; il faut pour cela que les communes elles-mêmes l’organisent. Mais notez la hardiesse de la pensée
de Montesquieu, lequel parle ici comme un socialiste étatiste déterminé.