‹ Morceaux choisisChapitre 301 sur 369 · Voir plus haut, p. 304, n · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. 304, n

Toujours est-il que Montesquieu ici encore apparaît comme un précurseur. Turgot, élève des philosophes, devait créer les « Ateliers de charité ». Parmi les Droits de VHomme sera compris le droit au travail « pour tout homme qui peut et veut travailler ». L’idée est généreuse, et nous ne pouvons pas trop reprocher à Montesquieu de ne pas l’avoir vue quelquefois sous son véritable jour, nous qui, en plein 20c siècle, sommes encore incapables de la réaliser. Notons cependant les efforts accomplis pendant ces dernières années. En 1900, lors du Congrès de l’Assistance publique et de la Bienfaisance privée, l’Assistan-

ce parle travail comptait 31 centres à Paris et 40 en province.

2. Note générale : « D’abord, ce n’est pas l’expression de liberté, mais celle de tolérance, qu’emploie Montesquieu. Je ne lui fais pas ici une chicane de mot ; ces deux mots indiquent des choses bien différentes. Qui dit liberté, dit droit; qui dit tolérance, dit simplement permission gratuite et révocable. C’est qu’en effet Montesquieu méconnaît ici le grand principe de la liberté religieuse. )) (Barni, Histoire des Lois morales et politiques, T. I, Montesquieu, p. 193.)

Chaque chose viendra à son heure : c’est pour la tolérance que luttent les philosophes du 18® siècle ; d’autres les suivront qui lutteront pour la liberté.

MONTESQUIEU

Lorsque les lois d’un Etat ont cru devoir souffrir plusieurs religions, il faut qu’elles les obligent aussi à se tolérer entre elles. C’est un principe que toute religion qui est réprimée devient elle-même réprimante ; car sitôt que, par quelque hasard, elle peut sortir de l’oppression, elle attaque la religion qui l’a réprimée, non pas comme une religion, mais comme une tyrannie.

Il est donc utile que les lois exigent de ces diverses religions, non seulement qu’elles ne troublent pas l’Etat, mais aussi qu’elles ne se troublent pas entre elles. Un citoyen ne satisfait point aux lois en se contentant de ne pas agiter le corps de l’État : il faut encore qu’il ne trouble pas quelque citoyen que ce soith

Page 1