‹ Morceaux choisisChapitre 337 sur 369 · Toujours même négligence · texte numérisé non relu

Toujours même négligence

répétition désagréable du verbe : « est ».

7. Bien entendu, il faut, pour comprendre cette phrase, songer à ce qu’était la musique de l’opéra et de' l’opéra-comique, et la musique instrumentale vers le milieu du 18® siècle. Je renvoie à V Histoire de la Musique, de P. Landormy, P. Delaplane, 1*^ partie, chap. v-vii ; partie, chap. I et sq.

MONTESQUIEU

certaine que nos plaisirs et l’art qui nous les donne sont entre certaines limites^.

A voir les vers de Corneille si pompeux et ceux de Racine si naturels, on ne devinerait pas que Corneille travaillait facilement et Racine avec peine

Le bas est le sublime du peuple, qui aime à voir une chose faite pour lui et qui est à sa portée.

Les idées qui se présentent aux gens qui sont bien élevés, et qui ont un grand esprit, sont ou naïves, ou nobles, ou sublimes ^

Lorsqu’une chose nous est montrée avec des circonstances ou des accessoires qui l’agrandissent, cela nous q>araît noble cela se sent surtout dans les comparaisons, où l’esprit doit toujours gagner et jamais perdre, car elles doivent toujours ajouter quelque chose, faire voir la chose plus grande, ou, s’il ne s’agit pas de grandeur, plus line et plus délicate^; mais il faut bien se donner de garde® de montrer à l’âme un rapport dans le bas^, car elle se le serait caché si elle l’avait découvert.

Comme il s’agit de montrer des choses fines, l’âme aime mieux voir comparer une manière à une manière, une action

1. C'est-à-dire que la musique naïve f en particulier, est à égale distance de la musique « aristocratique » ou trop complexe, et de la musique triviale.

2. Cela rappelle la formule célèbre : « faire difficilement des vers faciles. »

3. Il y aurait quelque naïveté dans cette antithèse entre le vulgaire et... les autres, si Montesquieu n’avait pas écrit : les gens « bien élevés et... qui ont un grand esprit ». Tout est là.

4. C’est la théorie classique, telle qu’elle apparaît aux premiers vers du chant III de l’^r^ poétique de Boileau :

H n’est pas de serpent ni de monstre [odieux,

Qui par l’art imité ne puisse plaire aux [yeux.

Mais ces circonstances qui a-, grandissent et qui ennoblissent l’objet ne doivent ni masquer la nature ni la déguiser.

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