‹ Morceaux choisisChapitre 351 sur 369 · Cf. pp. 312 sq · texte numérisé non relu

Cf. pp. 312 sq

4. D’autres passages nous montrent le même mépris tranquille de Montesquieu à l’égard des critiques :

a Depuis le futile de la Porte jus-

qu’au pesant Dupin, je ne vois rien qui ait assez de poids pour mériter que je réponde aux critiques ; ü me semble même que le public me venge assez," et par le mépris de celles du premier, et par l’indignation contre celles du second ... A l’égard du plan que le petit ministre de Wurtemberg voudrait que j’eusse suivi dans un ouvrage qui porte le titre d’JSsprü des Lois, répondez-lui que mon intention a été de faire mon ouvrage, et non pas le sien. »

(à Guasco, 1752).

Voir p. 313.

5. Sur les rapports de Voltaire et de Montesquieu, cf. Notice p. 24.

6. Le P. Gerdil (1718-1802), auteur d’un Anti-Emile, d’un Anti- Contrat Social, et de nombreux ouvrages philosophiques et théologiques; il fut plus tard précepteur du prince de Piémont, et cardinal en 1777.

est à présent digne de recevoir celui qui a parcouru tous les pays :

Te maris et terræ, numeroque carentis arenæ,

Mensorem ^

Madame de Montesquieu, M. le doyen de Saint-Surin 2^ et moi, sommes actuellement à Baron, qui est une maison entre deux mers, que vous n’avez point vue. Mon fils est à Clcrac, que je lui ai donné pour son domaine avec Monlesquieu^. Je pars dans quelques jours pour Nisor abbaye de mon frère : nous passerons par Toulouse, où je rendrai mes respects à Clémence Isaure, que vous connaissez si bien^. Si vous y gagnez le prix, mandez-le moi ; je prendrai votre médaille en passant: aussi bien n’avez-vous plus la ressource des intendants. 11 vous faudrait un homme uniquement occupé à recueillir les médailles que vous remportez. Si vous voulez, je ferai aussi à Toulouse une visite de votre part à votre muse. Madame de Montégut®, pourvu que je ne sois pas obligé de lui parler, comme vous faites, en langage poétique.

Je vous dirai pour nouvelle que les jurais^ comblent dans ce moment les excavations qu’ils avaient faites devant l’Académie. Si les Hollandais avaient aussi bien défendu Bergop-Zoom^, que M. notre intendant a défendu ses fossés, nous n’aurions pas aujourd’hui la paix. C’est une terrible chose que de plaider contre un intendant; mais c’est une chose

1. Horace, Odes^ 1, 28,1 : « Toi qui mesuras la terre et la mer, et les sables aux grains innombrables. . . i> 11 s’agit d’ArcUytas de Tarente, homme universel, mathématicien, homme d’Etat, général, philosophe ; il était contemporain de Platon.

2. Frère de Montesquieu : Joseph Secondât : Cf. quelques lignes plus bas.

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