‹ Morceaux choisisChapitre 101 sur 221 · O CHOSES ADORABLES · texte numérisé non relu

O CHOSES ADORABLES

Et comme en moi du pâlissant Soleil Toute la lumière s'infuse I J'ai cette impression du Monde moins confuse. C'est d'un trouble inconnu, soudain l'éveil. A mes désirs le Beau moins se refuse.

L'Automne a des airs amoureux.

De partout naît un hymne langoureux.

Les arbres ont des tresses

De pourpre et d'or... de douloureux Qu'ont -ils ?tant de parfums tant de caresses, Dont s'enveloppent toutes les détresses ! Au sein de ce multicolore deuil,

Voyez irradier mon Ame.

Sentimentalité, voici toute ta gamme 1 Et ma mélancolie a de l'orgueil, Et dans cette ombre elle a plus d'une flamme.

L'Automne sait si bien cacher Toute la tristesse qui s'en exhale 1 Avant de détacher Chaque feuille, il sait si bien la tacher De violet, de carmin ou d'opale !

Et que de contrastes sous le ciel pâle ! La forêt en son manteau bigarré ! Y dirait-on une agonie ?

Je m'y perds pour trouver la divine harmonie, Et j'ai, parmi mes rêves égaré, L'illusion d'une grâce infinie I

Quel éveil ! vous me regardez Dans ces brumes, vous, adorables choses, En mes pas attardés

Parmi l'Illusion... Vous me gardez De bien des maux, et mieux qu'au temps des roses, Je découvre les effets et les causes.

En son charme toujours renouvelé,

Vous savez rendre la Nature Accessible à mes sens, et dans cette aventure Qu'est la vie, oui, vous m'avez révélé Que l'âme par ses pleurs se fait si pure I

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