‹ Morceaux choisisChapitre 108 sur 221 · D'ELLE-MÊME MAITRESSE · texte numérisé non relu

D'ELLE-MÊME MAITRESSE

Alors que me fera qu'on m'ait trompé, haï, Que si malaisément dans la belle Nature Mon âme sans soutien ait trouvé sa pâture, Et que plus d'un espoir m'ait quitté, m'ait trahi ? O quelle sinistre aventure I

Pourrai-je regretter d'avoir si mal vécu, Peut-être, en approchant de cette heure suprême ? Car alors on peut mieux se connaître soi-même Et sentir que le mal on l'aurait mieux vaincu, Et qu'on pouvait être moins blême.

Oui, l'on se régénère en la sainte Ferveur. Ce regret sera-t-il ma dernière faiblesse ? Ah ! du soleil couchant si douce est la caresse I La Vie, en s' exhalant, prend un peu de saveur. . D'elle-même l'Ame maîtresse !...

...L'Ame se délivrant des liens de la chair, D'elle-même maîtresse et dès lors inspirée, Loin de nos jours mauvais montant vers l'Empyrée I Que tout lui semble beau, que tout lui semble clair, Quand notre vie est expirée !

Car la sienne commence au sein de l'Infini ; C'est alors qu'elle sait sa véritable essence, Que se ravive, en sa céleste jouissance, Son miroir que le souffle humain avait terni... Reflets de la Magnificence I

L'Ame au charme divin que nous avions souillé En la purifiant, la mort la fait renaître, Et c'est T Immensité qui va la reconnaître. De notre boue enfin son charme dépouillé... L'Astre va F admirer peut-être.

Oui, le Corps avec elle eut trop de privauté. Par sa mort, de la terre elle a brisé l'attache, Et dans l'Eternité va commencer sa tâche : Surprendre en ses secrets l'éternelle Beauté Qui pour nos yeux mortels se cache 1

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