‹ Morceaux choisisChapitre 109 sur 221 · BRETAGNE · texte numérisé non relu

BRETAGNE

Qu'il est évocateur ce nom-là : La Bretagne î Histoire, Poésie et Légende sont là, Quand on Ta prononcé. Le Passé que voilà ! L'émoi religieux qui près de lui nous gagne !

En ses aspects divins voici l'antique Armor Avec ses chevaliers, ses sorciers, ses druides. Par l'épopée et la chanson ces temps splendides Ont une vie en nous qui ne craint pas la mort.

L'Histoire de la France en bien des temps rayonne Par la tienne, Bretagne, héroïque surtout... Les siècles t'ont laissé leur empreinte partout, En ton sol de granit et dans l'âme bretonne.

La cueillette du gui, troubadours et tournois î La Féodalité si bien, chez toi, s'évoque ! Où donc mieux qu'en Armor revivrait mainte époque ? Chez toi magique aspect des choses d'Autrefois 1

La Méditation se plaît dans tes mystères. Ruines et dolmens ! Solitaire menhir !... Ah I pays pauvre, — où plus qu'ailleurs on sut bénir Le ciel, — riche en vertus comme en beautés austères !

Un peu je te connais... A Carnac j'ai rêvé Sur les alignements de pierres fantastiques Que surent te léguer les époques antiques, Et dans ta piété mon cœur s'est élevé...

Oui, ta religion est si douce et sincère Au cœur de tes héros, de tes hardis marins, Qu'elle a toujours rendus stoïques et sereins Et fiers, parmi tant de luttes et de misère I

Et, parmi les genêts et la bruyère en fleurs,

J'ai senti, promeneur solitaire, en ta lande,

Et mon cœur moins mesquin et mon âme plus grande,

Et cet apaisement subit de mes douleurs...

Pays de vaillance et d'Amour, Pays de fées, L'imagination prend chez toi libre cours. Pour t' embellir et te grandir, que de concours Des hommes et des temps !... quels glorieux trophées !

J'ai suivi du regard le bateau du pêcheur, Qui parfois revenait, le soir, lourd sous sa charge ; Mais anxieux, quand noir était le temps au large, Je voyais s'éloigner la voile en sa blancheur.

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