NORMANDIE
Au colonel Raynal(l), à l'héroïque défenseur du fort de Vaux.
..La Patrie a vu là mon obscur fier devoir : Soldat, j'ai promené mon Rêve en Normandie. Et pour s'ouvrir à tout ce qu'elle y pouvait voir, Mon âme, en son azur, s'est alors agrandie.
3lus que bien des pays, je t'ai tant regardé,
IDans ta diversité, tes mœurs et tes usages, Normandie où, dix mois, j'ai vécu ! J'ai gardé .e souvenir de tes aimables paysages !
(1) Qui fut le capitaine de la compagnie (au 5° de ligne à 'alaise), à laquelle je fus affecté (l'.>03) et avec qui je pris art aux grandes manœuvre^, mais dont je fus détaché pour lire partie d'un peloton de dispensa, i lèves-officiers de iserve... Je fi\ un an de service... Hcla^ 1 les médecins l'ayant ju<jé plus lard neurasthénique, je ne de\ais pas
mtribuer à la Victoire, les armes à la main...
Le fusil à Fépaule, oui, j'ai fait des bouquets En tes prés rafraîchis par des sources nombreuses. Au son de la musique, en tes hameaux coquets J'ai passé ; je les vis, tes campagnes heureuses.
Plus d'un doute, que je traînais, m'a déserté Parmi les environs si riants de Falaise. Et sous le sac, que je portais avec fierté, En mon obscurité, je me sentais à l'aise.
La campagne en le jour naissant s'illuminant, Longtemps après qu'avait commencé la manœuvre . La marche et ses chansons 1 Mon esprit s' animant La Méditation en moi faisait son œuvre.
Herbages ombragés par les fameux pommiers, Ferme pimpante au loin qu'un rideau d'arbres cache O sublimes frissons I oui, j'eus là les premiers Frissons avertisseurs de ma future tâche !
Oui, j'avais à poursuivre une tâche ici-bas. Je devais à l'armée apprendre l'héroïsme. J'y préparais l'issue heureuse des combats De mes quelques vertus avec mon égoïsme.
Merci donc, Normandie, où, les pieds tout poudreu Sur tes routes j'allais, en regardant les charmes ! Car, pour vaincre mes maux, rendre fort l'Amourei Que je suis du grand ciel, tu me donnas des arme;