‹ Morceaux choisisChapitre 110 sur 221 · BRETAGNE · texte numérisé non relu

BRETAGNE

Regardant tournoyer le vol d'une mouette, J'allais près des varechs et près des goémons. On croit dans la tempête entendre des démons, Près du roc où mugit la vague qui le fouette.

Sur tes plages que Y Astre, au soir, paraît brillant, Lorsqu'on veut éclairer de son âme le vague 1 Que de choses vraiment j'écoutais dans la vague. Qui se brisait sur ton rocher, Chateaubriand 1

Parmi ces gueux que tes terres souvent ingrates Avaient peine à nourrir, tu fis tant de héros, Hardis navigateurs, penseurs et généraux 1 A ta gloire combien dans l'Histoire de dates !...

Oui, j'aimais tout chez toi, Bretagne : tes rochers,

Ta lande à l'herbe rare où la chèvre pâture,

Ta désolation ainsi que la parure

De tes forêts, de tes bourgs et de leurs clochers...

Et la mer blanchissante au pied de la falaise... O tes malentendus avec le vrai Progrès ! Tes costumes, tes mœurs ont, certes, tant d'attraits! Dans tes traditions tu te sens tant à l'aise !

Sois fier, Pays d'Armor, la France te doit tant ! Oui, l'on t'a reproché bien souvent ta routine. Ton cœur ne faiblit pas, et le ciel te destine* A mieux te reconnaître en son jour éclatant...

Bretagne aux mille aspects dont me souvenir j'aime, A mes rêves tu fis le plus doux des accueils De tes dolmens, de ta côte, de ses écueils, Du Passé qui te fait un si pur Diadème I

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