‹ Morceaux choisisChapitre 116 sur 221 · JE NE VOULAIS PAS CROIRE · texte numérisé non relu

JE NE VOULAIS PAS CROIRE

Vois-tu, la terre est refroidie Par les menaces de l'hiver, De feuilles le sol est couvert ; Déjà la vie est engourdie.

Novembre 1 et puis voilà qu'il pleut I Et c'est, sous une averse fine, La branche qui rêve et s'incline Sous le ciel triste qui l'émeut.

Plus d'une feuille s'en détache Qui se souvient du doux Printemps i On voit au ciel, de temps en temps:

Voler une jaunâtre tache.

Ah ! mon regard, tu t'arrêtas Sur plus d'une, depuis enfuie Parmi les larmes d'une pluie, Vers ses sœurs qui forment des tas.

Je me disais : « Il en reste une.

— O douce amie î — elle fait bien.

Mais voici que trop tôt survient Sa chute, à mon Rêve importune.

Je la voyais se nuancer

De manière si délicate

Que, dans ma solitude ingrate,

J'aimais la voir se balancer !

J'oubliais cette flétrissure Qui lui donnait des tons si doux...

Hélas ! on a des désirs fous ; De rien jamais l'âme n'est sûre.

Et je me dis : « Combien j'aimais L'Illusion, presque flétrie, Tenant à mon Ame meurtrie Qui croyait l'avoir à jamais !

« Vraiment, je ne voulais pas croire Qu'elle aussi s'en irait, un jour, Comme tant de sœurs à son tour I Ah ! que de glas en ma mémoire I

« Je ne pensais pas que du Ciel Pour la ravir en cette grâce, Où la Réalité s'efface, Viendrait un souffle si cruel ! »

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