‹ Morceaux choisisChapitre 115 sur 221 · PAYS GASCON · texte numérisé non relu

PAYS GASCON

Oh ! il est un pays — je ne puis l'oublier,

Et bien souvent vers lui, mon âme, tu t'élances —

Où j'ai passé bien des vacances

Du temps que j'étais écolier I

J'ai là — car je les sens présents — plus d'un ancêtre. Ils ont pu moissonner dans cette paix des champs,

Ecoutant leurs nobles penchants,

Des brins de vérité, peut-être.

Oui, c'est là qu'inspirés, ils ont pu tant louer Le ciel, parfois connu quelques moments de joie ;

Que des vertus suivant la voie,

Ils ont pu tant se dévouer...

Ah ! il ne fallait pas d'autre raison, sans doute Pour me donner déjà la tendre émotion,

Et m' emplir de dévotion,

Quand pour ces lieux j'étais en route !

C'est pour cette raison, dès que j'en approchais, Que tout disait soudain à mon cœur de renaître.

Passé que je n'ai pu connaître !

C'est pourtant toi que je cherchais !

Je me réfugiais dans une solitude, Que distraire pouvait le vol d'un papillon ; Et dans un pré, dans un sillon, Tout m'était un sujet d'étude.

Débonnaire, abritant mes songes dans août, Quel confident pour moi fut le chêne ou le hêt re I

Près d'eux, meilleur je croyais être...

Bruissements ! J'y prenais goût.

Ah I quand je m'enfonçais dans la belle garenne, Où j'écoutais, pour plus saintement frissonner, Et gazouiller et bourdonner I Ah ! que la douceur m'en revienne I

Pouvais-je, en vérité, croire que j'étais seul. Quand je sentais de moi s'approcher le mystère ?

Sur la maison, d'un air austère,

Versait son ombre le tilleul...

La poule qui picore ou le chat qui ronronne : Voilà ce dont, enfant, je savais m' éblouir... Tu vis mon cœur s'épanouir, Pays gascon, Lot-et-Garonne !

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