AH ! SIMPLEMENT JE VEUX
Toujours plus frissonnant, me promenant, je rêve, Tandis que le Printemps dans cet azur sourit ; Mais me portera-t-il la sève Dont le cœur se nourrit ?
Sous le ciel radieux la Nature est en fête, Car elle en sent partout le grand souffle vital Vers lui vais-je lever la tête, Sans dire : « C'est fatal ! »
Sans dire : « Il est fatal que s'ouvre ma blessure, Oui, tandis que tout s'ouvre au jour avec orgueil, Fatal que rien ne me rassure Et ne me fasse accueil ? »
Irai-je parmi la campagne ensoleillée Avec l'illusion et de vivre et d'aimer ? Pourrai-je, en mon âme éveillée, Avec profit semer ?
Non, non, je ne crois pas que je verrai ma vie Dans Pivresse marcher d'un Amour pressenti, Et de toi qu'elle aura bien envie, Beau, jour qui m'as menti !...
Pourtant on te devra le souriant tableau De ce réveil des champs s' emplissant de murmure, Où Ton revoit le jeune oiseau Sur la jeune ramure !
Je voudrais de vertus sentir mon cœur orné, Quand tout va se parer de fleurs et de lumière ; Sentir mon esprit moins borné Et mon âme plus fière 1
Mais pourquoi désirer, pourquoi faire des vœux ? C'est toujours s'exposer à souffrir davantage, Toujours... Ah I simplement je veux Rêver sous le feuillage I