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EN RÊVE, POUR TOUT RÊVE

Troublé, tes vivaces couleurs, Je prends chacune de tes fleurs Pour mes rêves ayant envie D'amour et d'éclat et de vie, Et qui souhaitent d'attirer Le regard qui sait admirer...

Massif de roses blanches, Avec gravité toi qui penches Vers ma pâleur tant de parfums !

Chacun de mes rêves défunts, Pour qui le Monde fut barbare, D'une de tes fleurs je le pare, Car il vécut innocemment Sous les clartés du Firmament.

Ainsi quand sera morte Chaque rose que porte, Déjà pensif, Maint doux massif, Je pourrai croire que mon âme Sut, un jour, en prendre la flamme, Lorsqu'elle la cueillit En rêve pour tout rêve qui l'enorgueillit

A LAMARTINE

O Chantre de r Amour, Chantre de Y Espérance, Tu portes le divin flambeau

Qui jette la clarté si douce à la souffrance, Et que n'éteint pas le tombeau !

Sur Faile de la Foi qui dans toi sut éclore, Tu bravas la Fatalité ;

Elle dut te porter, tout rayonnant d'aurore, Au seuil de l'Immortalité !

Vers T Eternel par Pécho de tes chants sublimes,

Poète, tu fus précédé ; Oui, T Eternel, qui, pour réchauffer nos abîmes,

De sa chaleur t'avait cédé...

Du sceau de l'Infini tes vers portent la marque,

O toi qui sais croire et bénir, Soit que t'émeuve un soir d'été, soit qu'en ta barque

Te berce un tendre Souvenir 1

A LAMARTINE 241

Je crois voir cette vie au regard des étoiles, Que la Mort pourra nous donner ;

Et ton œil inspiré, qui perça tant de voiles, D'elle sait déjà rayonner.

L'étoile, qu'interroge, anxieux, le pilote, Le guide et le conduit au port.

C'en est une que voit ton Cœur, lorsqu'il sanglote, Qui lui fait défier la Mort...

La Vérité, de ses liens qui se dégage, Oui, tu la vois, parmi nos maux,

Partout, toi qui comprends l'harmonieux langage Du ciel, de la terre et des eaux !

Au chant d'un rossignol, à la voix d'une source,

Tu te reposes des combats Où te mène le Sort ; puis tu reprends ta course,

Plus fort, aux vains bruits d' Ici-bas.

Dans ton regard, ton chien, qui sur tes pas s'empresse, Des cieux peut lire la bonté...

Vers l'humble chaque fois que va notre tendresse, Plus haut notre Cœur a monté.

Ton âme harmonieuse, à la Beauté céleste Suspend sa vie et son amour ;

Que de rayons lui doit le peu d'elle qui reste Parmi le terrestre séjour I

De F Inspiration le doux flot, qui déborde, Et sur ta Lyre sait chanter,

Emporte ton cœur pur et qui, rêveur, aborde Aux grèves d'un Monde enchanté.

Il le ramène aussi souvent, pour qu'il médite,

Aux lieux où sa source a jailli.

O doux sites alors que ta Pensée habite 1 Ombrages, vallons de Milly !

Berceau des premiers ans ! quelque émoi salutaire Nous prend et sait là nous bercer.

O consolation, qu'à Fhomme solitaire, Là, tout un Monde sait verser I

Oui, Fon sent que toujours F Espérance s'apprête, Sous tes pleurs, à venir à toi.

Même, en brisant ton cœur, jamais une tempête Ne put en arracher la Foi !

Les zéphyrs, les parfums, les flots et la lumière, Oui, tout doit dire : « Il sut aimer ! »

Car la nature doit exaucer ta Prière, Toi qui ne sus pas blasphémer 1

Symbole d'un Génie humain, pieux, sensible, Aux pleurs touchants, harmonieux,

Qui jettes les rayons d'un Amour invincible, Qu'il prend à la Splendeur des Cieux !

A LAMARTINE

(Sonnet)

Poète, toi pour qui le nom du Créateur Est redit en tous temps, par toute la Nature, Dont ton œuvre est l'écho dans son moindre murmure, L'éclair de ta pensée a jailli de ton œur 1

Tu consumas tes jours dans une sainte ardeur ;

Mais l'immortalité, que ton génie assure

A ces créations de ton âme si pure,

Sur ton Dieu jette encor un peu plus de splendeur.

Les Hymnes, qu'à présent doivent chanter les Anges, Pour dire à l'Univers du Seigneur les louanges, O Poète, ce sont tes chants mélodieux I

Heureux qui peut déjà, vibrant et radieux, Par la pensée errer dans les célestes plaines, Dont les parfums diront, un jour, la fin des peines.

Château de Garcin Ile-de-France : Paris, Montmorency,

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