QUE CETTE FROIDE PIERRE
(Sonnet)
On ne peut détourner du tombeau sa pensée... La plus douce clarté dans les étés qui luit, Et leurs plus doux parfums sont peut-être pour lui. Comme un encens, la brume est sur lui balancée.
Parfois, quand des soupçons notre âme est offensée, Quand, sans nous égayer, notre Jeunesse a fui, Que l'on regarde tout, soi-même avec ennui, Qu'ici-bas la sagesse a l'air d'être insensée ;
Déposant de la Vie un instant le fardeau,
Nous allons nous asseoir sur le bord d'un tombeau.
O méditation qui nous est salutaire !
Que cette froide pierre a pour nous de chaleur, Quand nous penchons sur elle, émus, notre pâleur Qui prie, et tout-à-coup se sent moins solitaire I