‹ Morceaux choisisChapitre 132 sur 221 · QUE CETTE FROIDE PIERRE · texte numérisé non relu

QUE CETTE FROIDE PIERRE

(Sonnet)

On ne peut détourner du tombeau sa pensée... La plus douce clarté dans les étés qui luit, Et leurs plus doux parfums sont peut-être pour lui. Comme un encens, la brume est sur lui balancée.

Parfois, quand des soupçons notre âme est offensée, Quand, sans nous égayer, notre Jeunesse a fui, Que l'on regarde tout, soi-même avec ennui, Qu'ici-bas la sagesse a l'air d'être insensée ;

Déposant de la Vie un instant le fardeau,

Nous allons nous asseoir sur le bord d'un tombeau.

O méditation qui nous est salutaire !

Que cette froide pierre a pour nous de chaleur, Quand nous penchons sur elle, émus, notre pâleur Qui prie, et tout-à-coup se sent moins solitaire I

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