LE RETOUR DU MUTILÉ
| ;Le voici de retour, le héros mutilé. 3 résignation de son âme si fière ! Il marche, enveloppé d'amour et de lumière, v^oici le sol natal : il avance, troublé...
3ui, que ce soit un jour où le Printemps rayonne Dans les branches en fleurs que berce le zéphyr, )u que ce soit un jour où Ton entend gémir es chars se remplissant des trésors qu'on moissonne ;
)h 1 que ce soit un jour où l'espoir, la gaieté, /amour paraissent dire : « Oui, de partout j'émane I »; )u que ce soit celui si triste où tout se fane, "out ce que font s'épanouir Printemps, Eté ;
In jour où, soupirant, plus d'un rameau s'effeuille, n jour, montrant un lieu par l'Hiver dévasté ; e jour de bon retour, dans l'ombre et la clarté, 'ans la vie et la mort un long frisson l'accueille..
Par l'herbe ensoleillée ou le gazon transi, Et par F azur, par l'aquilon ou par la brise, Par la claire vallée ou par la plaine grise, Il sent le sol français lui dire bas : « Merci !
« Soldat, pour conserver nos douceurs à la France Tu souris à la Mort dont la main V effleura, Mais sans glacer d'effroi ton cœur qui demeura, Dans l'abnégation, vainqueur de la souffrance »
Merci, — dit le bourdonnement ou la chanson ; Merci, — dit chaque fleur éclatante ou bien pâle ; Merci, — lui dit le vert de la feuille ou l'opale ; Merci, — disent la pierre et l'herbe et la maison ;
Merci, — disent les croix, les ifs du cimetière, Au nom de tous les morts qui reposent en paix, A leur ombre, les morts voulant pester français, Dans leur France, comme la Vie et la Lumière !
Par l'herbe ensoleillée ou le gazon transi, Et par l'azur, par l'aquilon ou par la brise, Par la claire vallée ou par la pleine grise, Il sent le sol français lui dire bas : « Merci ! »