RETOUR DE LA FONTAINE
(Sonnet)
Son cœur, à peine éclos, de rien ne s'inquiète. A ses dix-sept printemps la chanson de l'oiseau, Et celle du torrent, et les fleurs du coteau, Qu'elle gravit chantant, s'en viennent faire fête.
La jeune fille, avec sa cruche sur la tête, Revient de la fontaine et monte à son hameau. Sa voix et son regard ont la fraîcheur de l'eau Qu'elle puisa sous l'azur que son œil reflète.
Voici qu'elle s'arrête en le raide sentier ; Naïve, elle regarde en cette ombre magique, Mettant sa ligne pure en ce décor rustique.
Lentement elle cueille un fruit au noisetier. Raffermissant sa cruche, elle part et se presse, Tandis que le vent joue avec sa blonde tresse.