CE QUE DIT LE PRINTEMPS
A ton âme, o rêveur, Que douce est la prière, Quand s'ouvre ta ferveur A la blonde lumière I
Ah ! ce Printemps qui naît Au sein de tant de larmes, Pourquoi le méconnaît Maint cœur en ses alarmes ?
Qui se sent dominé Par le Doute, succombe...
Ah 1 sois illuminé Par l'ombre de la Tombe...
C'est tout que tu fleuris, O Printemps, dans ta fête, Et tous les cœurs épris, Les cœurs dans la tempête 1
Une vaine gaieté N'est pas ce que tu chantes, Lorsque dans ta clarté Tu luis et nous enchantes.
O raisons d'espérer
Que tes parfums vont dire
Au cœur exaspéré
Par un si long martyre I
« Oui, revis à nouveau, O jeunesse flétrie, Et vois le Renouveau Sourire à ta Patrie.
« Sur la jeune ramure L'oiseau refait son nid, Dit ton naissant murmure Où l'Ame rajeunit.
« C'est des rayons de gloire Que j'apporte, o guerriers, Dans cette lutte noire, Et de nouveaux lauriers.
« J'entre dans la bataille Avec toutes mes fleurs...
Il n' est rien qui les vaille Pour les regards en pleurs.,.