AUBE
(Sonnet)
La nuit pâlit déjà, pressentant le front pur De l'aube à r Orient, front couronné de roses, A la jeunesse, dont tant de siècles moroses N'ont jamais altéré la fraîcheur sous F azur.
Son haleine déjà chasse le voile obscur. Et c'est l'Aube, où tout prend des airs d'apothéoses, Messagère du Jour, que réclament les choses, Le labeur des vivants, et tout, pour être mûr !
Mais PAube, en tous les cieux, qui paraît si coquette Que de tout horizon elle a fait la conquête, Sent qu'elle n'a pas droit à la frivolité.
Car dans sa robe rose elle sait qu'elle apporte,
Avec un jour nouveau, cette fatalité
Qui dit l'Amour vainqueur ou l'Espérance morte !