‹ Morceaux choisisChapitre 154 sur 221 · IL M'A SUFFI · texte numérisé non relu

IL M'A SUFFI

Dans le frémissement des feuilles desséchées

Qui, les unes après Les autres, sont, telles des espoirs, détachées

Sous les pleurs des forêts ;

Dans le rayon tremblant et le pâle sourire

De ce soleil voilé, Dans le morne regard, quand le jour se retire,

Du ciel non étoile ;

Tandis que les oiseaux vers les chaudes contrées

Décidaient leur essor, Je ressentais partout — o Beautés éplorées ! —

Le frisson de la mort.

Partout, comme un amour trahi par T espérance, Le jour tombait lugubre et froid.

Terre, parmi le vent chantant sur ta souffrance, La Mort riait de ton effroi !

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Et partout de mon cœur c'était le vide immense Qu'y laissait ce qui disparaît

De feuillages, de doux murmure et de silence Et de parfums qu'il adorait !

Ah ! que répondre à tant de voix agonisantes, Disant à l'Espoir qu'il a tort,

Et s' exhalant de toutes ces choses gisantes Que confondait l'œuvre de mort ?

Pour trouver la réponse à faire aux voix fatales Disant que se rompt tout lien,

Et pour ne pas m'épouvanter de tous ces râles Qui déjà prédisaient le mien ;

Il m'a suffi — Fête des Morts de qui la flamme Au Ciel m'a fait reprendre goût —

D'écouter le seul cri triomphant de mon Ame, Et qui trouvait réponse à tout !

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