‹ Morceaux choisisChapitre 16 sur 221 · LA MORT DE L'AIGLE · texte numérisé non relu

LA MORT DE L'AIGLE

Vois, le souffle d'automne a balayé la terre, Et mortes sont les fleurs, envolés les parfums, Les feuillages des bois et tes rêves défunts, Dispersés à tous vents, gisent dans la poussière.

Par l'implacable sort je te vois attristé... Ah 1 si dans l'Infini tu ne vois point de flamme, Si tu ne donnes pas des ailes à ton âme, Tu n'es pas au-dessus de la Fatalité !

Tu voudrais dominer notre misère humaine ! Mais, si tu ne nourris dans ton cœur l'Idéal, Si tu n'aspires pas à plus haut, dans ton mal, Si tu n'as point d'essor, ton espérance est vaine.

Sur le plus haut sommet, l'aigle qui fait son nid Ne connaît, dans son vol, aucun vent qui l'arrête. Il vit dans les éclairs et brave la tempête ; Son royaume commence où la terre finit.

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