L'ÉPHÉMÈRE
Cet insecte sur cette fleur, Dont il fait la grâce tremblante En y venant boire le pleur Céleste d'une aube charmante :
L'insecte, dont les ailes sont, On le dirait, de gaze fine, Et semblent porter le frisson De quelque Espérance divine ;
Oh ! l'insecte brillant vivra Moins longtemps que vivent les roses, Et la fin du jour le verra Tomber inerte au rang des choses.
C'est pourquoi tant aérien Nous le voyons, si loin de terre...
Mais larve obscure il fut, et bien Des mois avant cette heure fière !
l'éphémère
C'est ainsi que chez nous souvent, Pauvres humains, le Beau se montre.
Lorsque le cœur est bien vivant, C'est sa laideur que Ton rencontre.
Mais lorsqu'il arrive au tombeau, Il prend des grâces immortelles ; Et pour mourir, il se fait beau I Et pour mourir, il prend des ailes