‹ Morceaux choisisChapitre 168 sur 221 · IL EST FUNÈBRE ET DOUX · texte numérisé non relu

IL EST FUNÈBRE ET DOUX

(Sonnet)

Quand tu viens te pencher sur tes horizons mornes, Pourquoi donc t'effrayer ? L'automne s'annonçant Dans août attristé, qu'a-t-il de menaçant, Si, pour lui ressembler, de maints rêves tu t'ornes?

Car ton cœur s'emplira de ces désirs sans bornes, Pareils à ceux qu'Automne apporte dans le sang Des feuilles s' empourprant, quand le jour s' effaçant Fait là plus mollement s'enrouler les viornes ?

Le sublime moment, n'est-ce pas lui qui vient, Tandis que la Pensée adore et se souvient ? Il est funèbre et doux dans sa grâce immortelle.

Il rend tout plus ailé dans l'air plus odorant ; Car il fait qu'apaisé tout meurt en adorant, 0 pâlissante Vie amoureuse et plus belle !

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