C'EST L'HEURE INFINIE
Ah ! toutes les coquetteries De la Nature pour mourir !
Que toutes ces branches flétries Ont de charmes à nous offrir !
En tendant For et l'écarlate A mes Rêves pour les parer, Tant de munificence éclate Où ceux-ci veulent s'égarer !
Il semble au Cœur que le Ciel daigne Le convier dans ses reflets, Lui sachant gré de ce qu'il saigne Dans les sites froids et muets :
Lorsque errant dans ce deuil magique, Il sent le besoin de prier, Pour sentir que d'un Monde inique L'espoir pourra le délier.
c'est l'heure infinie... 321
Oui, cette brise dit : « Espère ! » En recueillant plus d'un sanglot.
Tout meurt ? Mais non, c'est l'aube flère Où le pur Idéal éclôt.
C'est l'heure où le songe s'élève Vers un azur qui s'attendrit, Et montre au destin qui s'achève Un pur Amour qui lui sourit 1
C'est l'Heure infinie et sublime, Où notre Ame veut se griser ; Où l'on regarde dans l'abîme, Et sans crainte de s'y briser.
Toi, Piété, dont tout s'anime, Mets des ailes à ce qui meurt, Lorsque l'Automne magnanime Vient embaumer d'espoir mon Cœur !