AINSI QUE S'EN VA MAINT BEAU RÊVE
Exhale tes parfums, o Cœur, en soupirant,
En les soupirs si parfumés de cet Automne ;
Et que ta tendresse s'étonne
De s'y trouver un empire si grand !
Oh ! vois, le Souvenir, tout vibrant d'espérance, Allume son regard parmi la pourpre et l'or Des bois où ne sonne nul cor, Mais où, notes d'Amour, son cri s'élance !
Il veut jaillir avant l'Adieu définitif De la splendeur en laquelle la feuille tombe, Lorsqu'en émigrant la palombe Se pose avec bruit sur l'arbre pensif.
Il veut encor jaillir dans la solennité Qu'a le moindre frisson, qu'a le moindre murmun De cette ombre triste mais pure, Pour répondre à la Mort : « Eternité ! »