‹ Morceaux choisisChapitre 18 sur 221 · L'IDÉAL · texte numérisé non relu

L'IDÉAL

Je me suis éveillé tout rêveur, ce matin,

Et, parmi les brouillards légers comme des gazes,

Sur la mousse j'allai comme sur du satin

Où des gouttes brillaient ainsi que des topazes.

Et les fleurs scintillaient comme des diamants. Tel un ruban d'argent, le ruisseau clair, dans rherbt D'émeraude, coulait sous les roseaux dormants. La nature semblait être un écrin superbe.

Mais je ne voyais pas l'orgueilleuse beauté Qu'étalait la nature en sa féconde vie, Et tout cela pour moi n'était que vanité : De ces fleurs, ces parfums, je n'avais nulle envie.

Je regardai le ciel. Une étoile y mourait. Lorsque à la même place elle fut invisible, Je regardais toujours. De même disparaît Le lointain Idéal toujours inaccessible.

l'idéal 27

Lorsqu'il s'évanouit, nous regardons encor Vers le ciel, et toujours sans rien voir de la terre, Dédaignant ses splendeurs, ses voluptés, son or, Nous cherchons, fascinés par le troublant mystère.

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