‹ Morceaux choisisChapitre 182 sur 221 · SI JOLIMENT S'EMBRUME · texte numérisé non relu

SI JOLIMENT S'EMBRUME

(Sonnet)

L'or du croissant lunaire à celui du feuillage S'ajoute en l'éclaircie où je cherche en le ciel A percevoir le charme aussi doux qu'éternel, Où s'efface, dans sa langueur, le paysage.

Calme attendri de ce que l'automne ravage I Le crépuscule fait ce calme solennel ; La fin du jour auréole un destin cruel Et de cette agonie éclaire le visage.

Si joliment s'embrume la Fatalité

Que d'elle ce décor n'a pas l'air de se plaindre.

La Nature sourit de sa fragilité.

Avec grâce la Vie, Automne, veut s'éteindre. De la lune le soir élève le flambeau, Nature, pour veiller ton parfumé tombeau...

(Voix d'automne)

Page 1