‹ Morceaux choisisChapitre 184 sur 221 · LE POÈTE · texte numérisé non relu

LE POÈTE

(Le Poète, enveloppé d'un grand manteau, arrive, tarche, hésitant, à pas lents, avec quelques arrêts.)

.a lisière du bois, Mystère, dit ton seuil,

'X mon pas ralenti subit déjà ton charme ;

lais dans la gravité morne de ton accueil,

e comprends que l'Automne a déposé sa larme.

(Silence. Il s'arrête un moment et regardant autour ; lui.)

Quoi, parmi ces débris, d'apaisant, récolter? L'angoisse tyrannique, et seule, en mon cœur loge.

(7/ se tourne vers le bois.)

La Nature n'a pas Fair de se révolter...

(Puis regarde le ciel.)

Mais le ciel est muet, lorsque je l'interroge. D'où vient donc la grandeur de tes airs désolés, O Nature!... O vain essor de mes rêveries 1 Elles savent, hélas 1 les oiseaux envolés, Et retombent avec tant de choses flétries. L'Automne me dit : « Meurs ! » et pourtant que c'est

[beau !

Je voudrais espérer, mais tout ce deuil m'accable,

(Il s'assied sur la pierre.) Et j'ai l'air de m' asseoir sur mon propre tombeau.

(A ce moment, passe un gros nuage, qui plonge dam V ombre une partie de la scène où est la pierre. Quand i est passé, on voit l'une à droite, l'autre à gauche di Poète, la Foi et le Doute.)

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