‹ Morceaux choisisChapitre 194 sur 221 · DÉSENCHANTEMENT · texte numérisé non relu

DÉSENCHANTEMENT

Laissez-moi m' apaiser au spectacle vermeil De la plaine qui se fait blonde,

Pour promettre un trésor, que mûrit le soleil, Une manne à la vie, au monde I

Laissez d'un cœur en deuil le regard se charmer Pourtant parmi toutes les lignes,

Où le coteau voit ses cheveux roux s'enflammer. Baisés par le vert de ces vignes...

Laissez ! peut-être vais-je, en mon cœur amolli,

Croire à l'utilité du Rêve, Et qu'il va se dorer, pour être plus joli, Près des froments qu'un vent soulève.

Oui, l'Espérance est là dans l'ondulation, Où toute la plaine se berce

Et l'horizon, la terre entière... Emotion Débordante que ce flot verse I

Dans la vague d'épis semble venir l'Eté ;

Et c'est lui qui nous la présente ; )on fait par V avènement de sa royauté,

Qu'auréole sa flamme ardente..

1 donne le signal de la maturité

Dans son haleine desséchante...

) dernière fraîcheur où cherche à s'abriter Le cœur, qui par elle s'enchante I

omme un lambeau de Rêve, et qui résiste encor

A la réalité brûlante, emblerait retarder sa chute le décor

Où l'âme se sent moins tremblante.

élas ! la Vie est là qui proclame son droit D'être au soleil épanouie...

int de vitalité donne soudain l'effroi, Car tant de grâce évanouie I

>ectacle où je croyais voir l'Avenir chanter

Par delà cette moisson blonde, spectacle, tu m'as soudain désenchanté I La Vie, en brisant, est féconde.

• le vient dire : « Assez de rêves et de fleurs I

Pour vivre ? que cela se fane.

* quoi bon l'Idéal ? Pourquoi pour lui des pleurs?

Pour vivre, il faut qu'on le profane ! »

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