‹ Morceaux choisisChapitre 206 sur 221 · LE VALLON DE SALUT · texte numérisé non relu

LE VALLON DE SALUT

Du vallon — sait-il la présence Du sommet qui dit : Infini ? - O source que chanta Parny, Répètes-tu la confidence ?

De lui, j'ai cette intimité, Où la Nature, qui me charme En me réclamant une larme, M'ouvre ce monde illimité.

Oui, sur le banc où, dans le Doute, J'étais assis, me vint la voix De la source : « Poète, vois L'instant voluptueux, écoute !

« Harmonie est tout ce chaos, C'est un signal qu'il faut entendre Dans cette gravité si tendre Où chantonnent tous ces échos !

« Ouvre ton âme, à ce signal, A cette ivresse de t'éprendre Des grâces qui vont te surprendre Pour t'arracher au sort brutal. »

Mais que le son lointain des cloches

A d'éloquence en ce vallon !

. .Eternité ! pardon, pardon !

J'ai peur, je sens que tu t'approches.

Trop près dans son austérité Est la montagne grandiose, Pour que mon cœur, là, se repose Au sein d'une frivolité.

Vallon riant, vois ! la montagne Tétreint... Mon cœur, Eternité, Par~F éternelle Vérité Tu F et reins, et F effroi me gagne...

Je voulais seulement rêver.

Que t'ai-je fait ? Ah ! ma Pensée Ne t'a-t-elle pas offensée ?

Oui, ton vent vient de s'élever.

Et, brusque, il emporte mon Rêve, Que la Nature fit si doux...

Oui, c'est qu'à maint rêve, qui nous Séduit, tu dis son heure brève 1

Tu dis que ce vallon si beau, Entre ses rangs d'arbres superbes, Lui-même en ses riantes herbes, Montre le chemin du tombeau 1

Bagnères-de-Bigorre.

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