J' ADORE LES CHEMINS NOUVEAUX
J'adore les chemins nouveaux Où mon pas éveille un murmure En mon cœur et dans la ramure ; J'adore les chemins nouveaux, Où mon beau Rêve s'aventure, Même lorsqu'ils sont bordés de tombeaux.
Ah I la banalité t'écœure I Dans la peur de lui ressembler, Ton Rêve au vent se sent trembler.
Ah ! la banalité t'écœure !
Vois, l'automne vient rassembler Cet or divin qui dit son heure.
Prends-le sur les nouveaux chemins, Où, d'un printemps qui fanfaronne, Tu n'eus pas la fleur qui rayonne ; Prends-le sur les nouveaux chemins Où ton Innocence chantonne :
Pour eux vierges sont tes destins.
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Car là d'aucune fleur altière
Tu n'as profané la candeur
Dont son parfum dit la grandeur ;
Car là d'aucune fleur altière
Tes pensers n'ont, par leur laideur,
Attristé la corolle claire.
J'adore les chemins nouveaux Où mon pas éveille un murmure En mon cœur et dans la ramure ; J'adore les chemins nouveaux Où mon beau Rêve s'aventure, Même lorsqu'ils sont bordés de tombeaux.
Peut-être en eux la Poésie Va tout à coup te rencontrer Pour dire au Beau de se montrer ; Peut-être en eux la Poésie A tes doutes va démontrer Qu'elle est en eux parfois suivie.
Ah ! vois-tu, de leur nouveauté, L'automne en son sourire austère Te présente tout le mystère ; Ah I vois-tu, de leur nouveauté Le ciel voilé, la morne terre, Tout vient te dire la beauté.
Il faut que là tu te recueilles En foulant ce tapis sacré
De feuilles... Ton cœur ulcéré
— Il faut que là tu le recueilles —
Voit le linceul, mais si doré
Qu'il est chantant, que font ces feuilles.
J'adore les chemins nouveaux Où mon pas éveille un murmure En mon cœur et dans la rainure ; J'adore les chemins nouveaux Où mon beau Rêve s'aventure, Même lorsqu'ils sont bordés de tombeaux I
Montauban.