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LA PALEUR

(Sonnet)

Neige ! dont la nuit fit les scintillants cristaux Innocente, par ta blancheur, l'aube transie, Dont le doigt rose joue en les fleurs qu'aux rameaux Tu fis, en leur disant : « Amour et poésie 1 »

O neige I la pâleur a des reflets si beaux ! Et la saison du deuil semble en être adoucie ! La Nature, en réveil étonné des tombeaux, Semble parfois revivre un temps de fantaisie.

L'âme incertaine évoque un voile nuptial

Aussi bien qu'un linceul, dans la neige où frissonne

Comme un désir léger, sur un instant fatal.

Oui, malgré la b ise où la neige tourbillonne, En les pâleurs de mort d'un amour hivernal, Nous nous sentons bercés par un vent d'Idéal !

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