‹ Morceaux choisisChapitre 31 sur 221 · LA PAROLE DIVINE · texte numérisé non relu

LA PAROLE DIVINE

Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort. On ne peut retarder le terrestre voyage, Au prix d'aucune larme, au prix d'aucun effort Dans le ciel pur ou dans l'orage....

Au bloc qu'il modelait dans le grand Inconnu Le Maître dit un jour : « Immobile matière, Je te donne la vie » et l'homme hâve et nu Se crut déjà plus qu'une pierre.

Puis le Maître ajouta : « Je te donne la voix... Mais écoute surtout celle de la conscience Que je prends de moi-même et que je mets en toi. Qu'en toi son pouvoir soit immense.

« Ne dis jamais : « Je suis le maître souverain « Des êtres qui sont moins forts que moi. » Créature. La conscience dans toi, c'est le souverain bien Qui fait céleste ta nature.

50 l'ombre étoilée

« Si tu n'écoutes pas le principe divin Du seul Vrai, du seul Juste où ta conscience épanche Mon Amour infini qui sans cesse et sans fin Sur tout être altéré se penche ;

« Tu détruiras en toi la flamme que j'y mis, Et tu ne seras plus l'homme que voulut faire L'Idée, et tu seras l'être pâle, insoumis, Que rien ne peut plus satisfaire.

« Tu seras dans le monde un animal nouveau Plus orgueilleux que tous et, malgré l'apparence, Plus désarmé que tous, lorsqu'après le tombeau Tu reviendras en ma présence...

« O fantoche orgueilleux, contre moi c'est eh vain Que, pour le remplacer le principe suprême Que tu chassas de toi, qui te faisait divin, Tu diras être un dieu toi-même I

« Car, au souffle absolu de mon Eternité, Que te restera-t-il, insensé, dans ta rage ? Et s'en iront ta force et ta divinité Comme des* feuilles dans l'orage... «>

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