‹ Morceaux choisisChapitre 45 sur 221 · LA TOUR DE GUET · texte numérisé non relu

LA TOUR DE GUET

'rès de la Pique, là, sur un escarpement, |ui, farouche éboulis, sur les prés verts se montre, )ù la vallée avec une autre se rencontre, )onnant aux alentours un élargissement ;

)u sentier frais que l'eau ruisselante ravine, /est ià qu'on aperçoit, au plus brusque détour» »ur l'escarpement noir la blanche et vieille tour }ui dort debout dans son éternelle ruine...

La Voix de l'Histoire :

'est par de telles tours que les chemins de France e protégeaient jadis contre les rois voisins, (ui franchissaient les monts — Arabes, Sarrasins — 'est par ces tours qu'on voit de distance en distance.

84 l'ombre étoilée

Elles n'abritaient pas les nombreux défenseurs Qui font pleuvoir du haut d'une épaisse muraille Les flèches et la poix, les pierres en mitraille, Pour en exterminer les flots d'envahisseurs.

Sur elles, des veilleurs aux ardentes prunelles, Pour mieux voir se glisser les ombres dans les bois, Ecoutant dans le vent le moindre éclat de voix, Etaient là, de tous temps, vaillantes sentinelles.

En cas d'alerte, un feu, qu'allumaient les veilleurs, Appelait, d'un éclat montant jusqu'à la nue, La tour voisine sœur encor non prévenue ; De proche en proche, ainsi, s'enflammaient les hauteurs.

L'ennemi, signalé par ces feux clairs de paille, Ne les surprenait plus, les blonds et braves Francs, Mais trouvait, s'opposant à sa marche, des rangs Serrés de défenseurs prêts à livrer bataille...

Où les foules d'alors s'en sont-elles allées Qui, le long des torrents semblant tomber du ciel, Chaos d'hommes mêlés au chaos naturel, . Descendaient pèle mêle à l'assaut des vallées ?

O tours de Castel- Vieil et de Castel-Blanca 1 Plus rien ne reste ici de leurs traces sanglantes ; Sur les mêmes rochers, les mêmes voix hurlantes, Et des eaux et des vents, faisaient même fracas.

Page 1