VIEILLES INSCRIPTIONS
Faut -il croire qu'en la poussière Nous devons perdre nos chagrins, Et sans retour aux jours sereins Que nous pleurons sur cette terre ?
Quand le tombeau s'ouvre béant, Le sentiment se transfigure Pour prendre une forme plus pure Que n'atteindra pas le Néant.
Non, phrases, vous n'êtes pas vaines.
Nous vous retrouverons plus tard, Elan plus saint, plus doux regard Que dans les tendresses humaines !...
Je veux vous lire, inscriptions, Vous lire encor sur l'humble pierre Où s'agenouille cette mère, O pieuses afflictions I
« A mon fils, à ma sœur... » encore ! Mots chaque jour vous effaçant, Vous avez, dans les cœurs en sang, Le jour d'une éternelle aurore !...
Ainsi sur les sommets rosés
Qu'on voit d'une tombe entrouverte,
Far delà cette cime verte,
Mes vœux, un jour, se sont posés...
82 l'ombre étoilée
Avant que Forage ne gronde, Voici que la cloche avertit, D'une voix que l'écho grandit, Toutes les fermes à la ronde.
Luchon.