MOULINS A VENT
... Vieux compagnon que ce moulin, Qui faisait une tache blanche A l'horizon où le ciel penche I Tu défiais le temps serein, 0 meunier, le poing sur la hanche I
Les moulins n'ont plus de secret.
Contre leurs tremblantes murailles Tu viens frapper, vent, qui les railles : « Où les ailes dont s'effarait Le vol des moineaux ou de cailles ? »
Plus de secret, plus de moulins A vent, plus de maître Cornille (1), Et plus de meunière gentille, Qui coule ses doigts dans les grains, Que vend l' amoureux qui babille...
) Le secret de maitre Cornille (contes de Mon Moulin l • Daudet).
Ah 1 qu'à la porte on clabaudait I Et comme elle chantait, la meule !
Belle farine que la gueule Du four, boulanger, attendait !
La colline semblait moins seule :
Vieux compagnon que ce moulin, Qui faisait une tache blanche A Fhorizon où le ciel penche !
Tu défiais le temps serein, O meunier, le poing sur la hanche
Ah I collines, que je vous plains !
Comme les hauteurs étaient belles, Quand les moulins avaient des ailes, Et quand, portant les sacs de grains, Les ânes gris montaient vers elles I
Hélas ! ces temps revivront-ils ?
Rirons-nous de voir la farine Nous incommoder la narine ; Blanchir nos sourcils et nos cils, Dans un moulin, sur la colline ?
— O pauvres murs I — Vous en doutiez ? Voyez en les traces dernières :
Plus de meuniers, plus de meunières.
Il n'est plus que des minotiers ; Les moulins sont sur les rivières.