OISEAUX
... Et brusquement l'hiver éclate...
Pour se faire un nouveau tapis, .es grands arbres n'ont plus de feuillage écarlate ^ donner au vent sec qui siffle en ses dépits.
Le cortège de la Misère I Où sont-ils les hôtes joyeux ?
Ui ! les nids que les chocs des orages brisèrent I >ous les vols alanguis, passez, débris soyeux 1...
Oui, c'est un poème dans l'air, Oiseaux, qui vient là de s'écrire, -e roman de tout ce que vous avez souffert, touche en feu de l'Eté 1 Vous y mettiez le rire.
Comme il vibrait, le frais matin, Quand, follement donnant l'aubade, rous chantiez, innocents, l'espérance sans fin • faire, ébouriffes, plus d'une autre gambade I,
Mais à présent, hélas ! pour vivre, Vous déterrez quelque vieux grain ; Et la Nature vient de refermer le livre, Où, sans suite, on lisait votre incessant refrain.
Ornez, de vos plumes souillées, Le nouveau qu'elle vient d'ouvrir ; Mais que, par mes pleurs dont les pages sont mouillées, On sente qu'en mon cœur vous ne sauriez mourir I
Nature, ce n'est pas ta faute Si l'Hiver de mal se revêt, Si le dessein cruel, qui prend tes feuilles, ôte La caresse à mon rêve, à l'oiseau, son duvet.
Ne dois- je pas sur toi pleurer,
O petite plume envolée ?
Si je sais dans mon mal, là, debout, demeurer, C'est que je donne à tous mon âme inconsolée.
Encor des lendemains frileux î Nos désirs transis se promettent D'attendre, pour leur vol, des jours roses ou bleus, Où les douceurs du Ciel aux âmes se transmettent.