‹ Morceaux choisisChapitre 54 sur 221 · OISEAUX · texte numérisé non relu

OISEAUX

... Et brusquement l'hiver éclate...

Pour se faire un nouveau tapis, .es grands arbres n'ont plus de feuillage écarlate ^ donner au vent sec qui siffle en ses dépits.

Le cortège de la Misère I Où sont-ils les hôtes joyeux ?

Ui ! les nids que les chocs des orages brisèrent I >ous les vols alanguis, passez, débris soyeux 1...

Oui, c'est un poème dans l'air, Oiseaux, qui vient là de s'écrire, -e roman de tout ce que vous avez souffert, touche en feu de l'Eté 1 Vous y mettiez le rire.

Comme il vibrait, le frais matin, Quand, follement donnant l'aubade, rous chantiez, innocents, l'espérance sans fin • faire, ébouriffes, plus d'une autre gambade I,

Mais à présent, hélas ! pour vivre, Vous déterrez quelque vieux grain ; Et la Nature vient de refermer le livre, Où, sans suite, on lisait votre incessant refrain.

Ornez, de vos plumes souillées, Le nouveau qu'elle vient d'ouvrir ; Mais que, par mes pleurs dont les pages sont mouillées, On sente qu'en mon cœur vous ne sauriez mourir I

Nature, ce n'est pas ta faute Si l'Hiver de mal se revêt, Si le dessein cruel, qui prend tes feuilles, ôte La caresse à mon rêve, à l'oiseau, son duvet.

Ne dois- je pas sur toi pleurer,

O petite plume envolée ?

Si je sais dans mon mal, là, debout, demeurer, C'est que je donne à tous mon âme inconsolée.

Encor des lendemains frileux î Nos désirs transis se promettent D'attendre, pour leur vol, des jours roses ou bleus, Où les douceurs du Ciel aux âmes se transmettent.

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