‹ Morceaux choisisChapitre 58 sur 221 · BRUME MATINALE · texte numérisé non relu

BRUME MATINALE

Et bientôt je ne vois plus rien.

Mais soudain une éclaircie Se fait dans la brume amincie

Sur la feuille roussie.

Dans ma brume un peu de jour vient.

Que ce temps me convient I Ma mémoire s'est ressaisie.

C'est là que le deuil automnal

S'est voilé pour me sourire ; C'est là qu'il accorde à ma lyre

Le rêve qui déchire ; C'est là que, dans l'air matinal,

D'un mode moins banal, Toute l'âme sans fin soupire I

Ah ! toute la réalité

Où l'existence se brise Par toute la brutalité,

O mon âme incomprise !

Quelle sombre fatalité

Te ferait plus exquise Pour souffrir et pour méditer ?

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