‹ Morceaux choisisChapitre 66 sur 221 · COMPASSION · texte numérisé non relu

COMPASSION

(Sonnet)

A voir tant de fraîcheur, tant d'éclat, tant de grâce Mon cœur ne reste pas, hélas ! indifférent. A leur intimité, qui soudain le surprend, Il sent presque aussitôt un frisson qui le glace.

Au sein de sa rosée abondante, il comprend Que de tels souvenirs jamais rien ne s'efface. De tout nouveau printemps qui le fait plus vivace Ce qu'il reçoit en chants, c'est en pleurs qu'il le rend

Que ta douleur jamais ne demeure inactive ; Qu'elle attire de tous, en toujours grandissant, Un plus charmé regard et plus reconnaissant.

La splendeur du printemps est déjà fugitive, Qu'importe !... si, pour tous, ton Cœur compatissar D'inaltérables fleurs sait être éblouissant.

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