SUR LA MORT D'UN ENFANT DE DEUX ANS
En ce jour de juillet, le ciel reste splendide,
La source toujours chante et l'eau paraît candide ;
Et, cependant, non loin de cet endroit serein,
Une femme sanglote et se frappe le sein
Son enfant s'est noyé dans le bassin tranquille :
On l'a retrouvé mort ; tout soin fut inutile.
Et sur ce corps d'enfant se sont penchés en vain
Et l'amour d'une mère et l'art d'un médecin
Et les efforts de tous pendant plus de six heures.
Et la source chantait !.. . Pauvre mère, tu pleures . .
Sous son fragile poids dut plier un roseau ;
Son corps frêle, un instant, dut faire trembler l'eau :
Elle étouffa ses cris, ses plaintes, sa prière :
On n'a rien entendu de l'horrible mystère . . .