LANGUEUR AUTOMNALE
Feuillage languissant que l'Automne a roussi, Balance-toi sur moi qu'assombrit le souci !
Oui, parmi la douceur de la brise automnale, Je sens que quelque chose en moi s'est adouci.
Et les derniers rayons, qui font le ciel d'opale, Sous la feuille qui meurt caressent mon front pâle.
Pieux recueillement dans, cet air odorant I
Oui, je sens toujours mieux qu'on monte en adorant ;
Que dans le tourbillon des jours on se conforme A des desseins secrets, tout en les ignorant.
Oh ! l'amoncellement sous le chêne et sous l'orme ! De ce qu'il brise en nous, le Destin nous informe.
Parfois la saison donne une telle langueur
Que, sans savoir son deuil, dans le vague est le cœur.
Aux brumes de l'oubli voici qu'il s'abandonne ; Il la voit, sans souffrir, la céleste rigueur.