‹ Morceaux choisisChapitre 73 sur 221 · LANGUEUR AUTOMNALE · texte numérisé non relu

LANGUEUR AUTOMNALE

A la Fatalité si triste l'on se donne ;

Et sous un vent de mort, sans mot dire, on frissonne.

C'est un charme nouveau qui soudain m'amollit : Je crois qu'un tourbillon de fleurs m'ensevelit.

De la mort tout déjà révèle le passage ; Notion des douleurs qui parfois s'abolit !

Oui, je vois quel éclat garde le paysage !

Dans l'extase tomber, n'est-ce pas le plus sage ?

Je sens que quelque chose en moi s'est adouci. Universelle paix, prends mon cœur, le voici I

Il faut que ta langueur pieusement m'endorme, Feuillage languissant que l'Automne a roussi !

Que j'aime les aspects que grandit ou déforme L'ombre qui vient rêver sous le chêne et sous l'orme I

Qu'importe si de tout s'efface le dessin 1

Je sens me pénétrer quelque chose de saint.

Je sens trembler en moi la clarté sidérale, Tant providentiel s'affermir un Dessein !

Et parmi tes parfums, ô Dépouille automnale, L'Hymne éternel s'enfler dans le nocturne râle î

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