LANGUEUR AUTOMNALE
A la Fatalité si triste l'on se donne ;
Et sous un vent de mort, sans mot dire, on frissonne.
C'est un charme nouveau qui soudain m'amollit : Je crois qu'un tourbillon de fleurs m'ensevelit.
De la mort tout déjà révèle le passage ; Notion des douleurs qui parfois s'abolit !
Oui, je vois quel éclat garde le paysage !
Dans l'extase tomber, n'est-ce pas le plus sage ?
Je sens que quelque chose en moi s'est adouci. Universelle paix, prends mon cœur, le voici I
Il faut que ta langueur pieusement m'endorme, Feuillage languissant que l'Automne a roussi !
Que j'aime les aspects que grandit ou déforme L'ombre qui vient rêver sous le chêne et sous l'orme I
Qu'importe si de tout s'efface le dessin 1
Je sens me pénétrer quelque chose de saint.
Je sens trembler en moi la clarté sidérale, Tant providentiel s'affermir un Dessein !
Et parmi tes parfums, ô Dépouille automnale, L'Hymne éternel s'enfler dans le nocturne râle î