DE LA SOURCE A LA VALLÉE
Savent-elles, ces eaux, que là-bas elles vont Miroiter au soleil, pour plaire aux libellules ? Qu'elles feront avec la mousse du savon
Des laveuses, chantant à l'aube au son Des battoirs, de charmantes bulles ?
Savent-elles qu'à leurs flots d'azur le berger Conduira le troupeau qui mugit ou qui bêle ? Qu'elles portent l'espoir au jardin, au verger ? Près d'elles, qu'en la transparence belle L'âme aimante voudrait plonger ?
A la rivière, un jour, il faudra qu'elle arrive, dette eau-là, se mêler... Avec les peupliers Frissonnants, elle aura des maisons sur sa rive ; Puis elle aura, plus sombre et plus pensive, L'écho du chant des bateliers.
\dieu, les champs ! voici les faubourgs et la ville ! 3 passage bruyant sous l'arche du grand pont I 0 paysage obscur d'usines qui défile !
L'humaine rumeur partout lui répond.
Elle va, se sentant plus vile...
>ïais sait-elle, cette eau, qui, sur tout son parcours, • évapore, en allant joindre les mers lointaines, }ue, retombant en pluie, au bout de quelques jours, Elle relrouvera les beaux séjours, Redevenant l'eau des fontaines ?