EMBAUMEZ LA MORT
Parmi tant de douceur et trop de volupté, Par qui — quel doux effroi ! — je me sens tout capté J'écoute cette paix qui m'environne, Et dans mon mal mieux accepté, Tandis qu'un Idéal nouveau pour moi rayonne, Je songe à tous ces deuils que le printemps couronne
L'épanouissement, sous des pas trop joyeux, De tapis odorants par leur mousse soyeux ! Le ressent-on sur les champs de bataille ? Des mourants s'entrouvrent les yeux, Perdus dans l'au-delà, sur le sol qui travaille A créer de la vie au chant de la mitraille...
Des pétales ! de plus, certe, il n'est pas besoin Pour qu'un ciel accueillant lui semble être moins loin Au malheureux étendu là qui reste...
Cette herbe l'entoure avec soin...
O souvenirs d'amour en le parfum agreste ! Il sent vers l'Inconnu sa route plus céleste...