JE VOIS, EN RÊVANT
Ah 1 quels échos m'apporte, Dans la brume, le vent,
En soulevant
La feuille morte !
De plus d'un triste jour, Dont si peu sut me plaire, Va-t-il se faire Un doux retour ?
Car ce qui parut fade Prend du charme soudain Pour le dédain D'un cœur malade.
Tout sait s'enjoliver Quand l'Automne soupire,
Tout sait mieux luire
Pour captiver.
A mon ravissement L'horizon est plus vaste,
Et j'ai maint chaste
Frémissement.
Mais mon âme s'est tue, Car je vois, en rêvant
Parmi le vent,
Que Ton se tue.
Eh ! oui, là-bas, là-bas, En la plaine rougie, C'est une orgie D' affreux combats.
Oui, je fais prisonnière Ta grâce, Automne doux, Pour mieux dire à genoux Cette prière ;
La prière qu'au Ciel Ma souffrance répète.
Elève-toi, Poète, Vers l'Eternel !
Que la douceur exquise, De partout émanant, Par ton douloureux chant Soit mieux conquise...