HIRONDELLES
Vous partirez vers des climats Dont je ne sais pas les délices, Où, l'hiver, s'ouvrent des calices, Et vous ignorez nos frimas...
En mes jours de mélancolie, Quand vous zig-zaguez dans le ciel, Mon cœur vers le Monde éternel Voit sa route soudain lui sembler plus jolie.
C'est là-bas, là-bas, vers l'Afrique Que vous le prendrez, votre essor ; Vous y retrouverez encor L'azur paisible et magnifique.
Ah I revenez bientôt, vous êtes Absentes toujours trop longtemps.
Vous nous rapportez le Printemps.
Que dans la Paix enfin votre retour se fête I
C'est par des liens véritables A vous que nous sommes unis, O vous qui suspendez vos nids Dans nos logis, dans nos étables I
Oui, nous tant imparfaits, nous sommes Si malheureux, quand vous partez !...
Dans notre ciel plus de clartés Vous attendront... La Paix régnera chez les hommes !
174 trop d'agonies !
Car de cette guerre sans fin Votre doux cœur tant s'effarouche, Oiseaux I... Que* la victoire touche De son aile la France enfin !
C'est elle que vous préférez, Car c'est sur la terre française Que vous volez le plus à l'aise, Oiseaux charmants, si vifs et toujours affairés I
O vous, légères hirondelles, Vous qui jetez toujours des cris, Tandis que, moins pâle, j'écris :
Mon cœur par vous reprend des ailes !
Le Ciel de France est si limpide !
Il vous accueille avec amour ; Vous embellissez maint séjour, Quand vous le survolez de votre vol rapide.
Le Ciel de France a tant de jour ! Oui, notre terre hospitalière, Oiseaux, vous est si familière !
Vous nous fûtes sacrés toujour !
Ile-de-France